Monitoring de la production de déchets industriels et du comportement de tri des entreprises belges 2017

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Avant-propos

Utiliser les données comme levier pour l’économie circulaire

Nous disposons pour la première fois de chiffres récents et fiables sur la production de déchets industriels dans les trois régions belges. Il est difficile d’en surestimer l’importance tant pour les autorités que pour les fédérations et les entreprises individuelles. Nous sommes de fait confrontés à la tâche de façonner ensemble l’économie circulaire. À cet égard, des données de qualité sont indispensables, tout d’abord pour faire le point et suivre l’évolution de la collecte sélective et de la production de déchets industriels. Mais il ne s’agit pas du seul avantage.

Les résultats du monitoring des déchets industriels fournissent à nos membres une bonne perspective de leurs performances : dans quels domaines se montrent-ils des élèves exemplaires et où doivent-ils encore fournir des efforts supplémentaires ? Les chiffres relatifs aux déchets aident ainsi les entreprises à se positionner, à opérer des choix stratégiques éclairés et à découvrir les opportunités dans le cadre de l’économie circulaire. Pour les organisations sectorielles telles que Go4Circle, les chiffres sur les déchets constituent une excellente base d’opération pour les discussions avec le gouvernement et la défense des intérêts du secteur. En marge de ces intérêts commerciaux, les chiffres sur les déchets sont également d’une grande aide pour les autorités.

Nous sommes de fait confrontés à la tâche de façonner ensemble l’économie circulaire. À cet égard, des données de qualité sont indispensables.

Ces données permettent notamment aux pouvoirs publics de mettre en place des campagnes de sensibilisation plus ciblées. Tous ces éléments sont un grand pas en avant dans la transition sociale vers l’économie circulaire.

La valeur ajoutée de chiffres fiables sur les déchets est évidente, mais ce premier rapport n’est qu’un début. Il doit être considéré comme une mesure de référence. Cela signifie également qu’avec Valipac, il nous reste encore beaucoup de travail à accomplir : notre objectif pour les années à venir vise à obtenir des données de meilleure qualité, plus précises et plus complètes. Ainsi, nous espérons à l’avenir réduire la charge administrative supportée par nos membres. Le fait que Valipac tende la main aux autres organismes de gestion pour centraliser leurs outils de déclaration dans une plate-forme unique qui rassemble l’ensemble des données sur les déchets collectés est une bonne chose. Dans tous ces aspects, le principe de confidentialité des données de l’entreprise demeure essentiel.

Le temps et l’énergie que notre fédération professionnelle a investis avec Valipac dans ce monitoring portent leurs fruits. Le retour sur investissement est manifeste, tant pour notre fédération que pour nos membres. Maintenant que Valipac se voit confier un plus large éventail de tâches et devient un pivot de l’économie circulaire, l’organisation gagne en pertinence pour l’industrie, tant pour les producteurs de déchets que pour les collecteurs. Nous sommes impatients de continuer à oeuvrer, avec Valipac et nos membres, à l’économie de l’avenir.

Résultats 2017

Quantité de déchets industriels collectés par région (en kt)

  Bruxelles Flandre Wallonie Belgique
Déchets résiduels 132 881 388 1.401
Papier/carton 70 614 188 872
Bois 16 417 78 511
Métal 20 784 146 950
Verre 8 44 10 62
Plastique 2 78 23 103
  248 2.818 833 3.899

Répartition des déchets industriels collectés par région

  • Région de Bruxelles-Capitale

  • Flandre

  • Wallonie

  • Déchet résiduels
  • Papier/carton
  • Bois
  • Métal
  • Verre
  • Plastique

Que nous apprennent ces chiffres ?

Le rapport fait état d’un total de 3 898 kt de déchets industriels collectés sur l’ensemble du territoire belge. À ce stade, il est important de considérer cet ensemble de données comme une mesure de référence.

Détail des quantités collectées de bois, métal, verre et plastique (en %)

  • Bois

    • Bois non traité (bois A)
    • Bois traité (bois B)
    • Bois dangereux (bois C)
  • Métal

    • Métal ferreux
    • Métal non-ferreux
    • Métal en mélange
  • Verre

    • Verre plat
    • Verre creux
    • Verre dangereux
  • Plastique

    • Film
    • PSE
    • Plastique rigide

Nombre d’adresses d’enlèvement *

* Pour déterminer les adresses d’enlèvement, nous associons le numéro d’entreprise au code postal.

  Bruxelles Flandre Wallonie Belgique
Déchets résiduels 6.318 103.030 35.520 144.868
Papier/carton 10.798 42.605 12.192 65.595
Métal 238 4.439 1.252 5.929
Platique 629 13.338 4.249 18.216
Verre 1.801 6.411 909 9.121
Bois 1.195 13.041 3.300 17.536
# points de collecte uniques* 14.235 117.476 39.402 171.113


* Le nombre de points de collecte uniques ne correspond pas à la somme des points de collecte. Un point de collecte peut faire collecter plusieurs flux.

Part des flux de déchets dans les adresses d’enlèvement uniques (%)

Que nous apprennent ces chiffres ?

En Belgique, la plupart des adresses d’enlèvement uniques concernent les déchets residuels. Le papier/carton arrive en deuxième position avec 38 % des adresses d’enlèvement. Ce flux est suivi par le plastique (11 %), le bois (10 %), le verre (5 %) et le métal (3 %). Ces pourcentages doivent être interprétés avec la prudence qui s’impose. Ils pourraient par exemple indiquer un potentiel d’amélioration dans les entreprises qui collectent uniquement des déchets industriels. D’autre part, les entreprises ne sont pas toutes concernées par tous les différents flux de déchets et tous les enlèvements de déchets n’ont pas été repris dans ce monitoring.

Nombre de flux collectés par secteur d’activité

  Totaux 1 Flux 2 Flux 3 Flux >3 Flux
Administration 13.754 66% 23% 9% 2%
Agriculture 5.233 80% 15% 4% 1%
Commerce de détail (food) 9.702 63% 20% 11% 7%
Commerce de détail (non food) 15.278 66% 21% 10% 3%
Commerce de gros (non food) 10.477 46% 32% 15% 7%
Commerce de véhicules 9.916 58% 32% 7% 4%
Construction (finition) 10.951 72% 19% 6% 2%
Construction (général) 13.014 65% 24% 7% 3%
Construction (installation) 9.008 66% 26% 5% 2%
Divertissement 3.844 71% 21% 7% 2%
Horeca 22.734 71% 22% 7% 0%
Traitement des métaux 5.784 52% 28% 11% 9%
Liste des secteurs qui représentent 75% des points de collecte tous secteurs confondus.

Que nous apprennent ces chiffres ?

Le secteur de l’horeca compte le plus grand nombre d’adresses uniques d’enlèvement de déchets (22 734). Le nombre de flux collectés présente également de grandes variations. L’horeca compte par exemple 71% d’adresses uniques où un seul flux est collecté et moins de 1% des adresses d’enlèvement où plus de cinq flux sont collectés. En revanche, 52% des adresses d’enlèvement uniques du secteur de traitement des métaux collectent un seul flux, contre 9 % qui en collectent plus de trois.

Toutefois, il n’est pas possible d’en tirer des conclusions directes sur le comportement de tri d’un secteur particulier. Il est possible que l’horeca ne soit confronté qu’à un nombre limité de flux de déchets, tandis que d’autres entreprises génèrent une palette de flux beaucoup plus diversifiée. Par ailleurs, ce monitoring ne tient pas compte des flux collectés par des collecteurs qui ne sont pas affiliés à Valipac.

Signification du monitoring

Le rapport sur les flux de déchets industriels belges constitue une première : pour la première fois, la collecte des déchets dans les trois régions a été recensée de manière uniforme. Il convient toutefois d’interpréter ces données avec prudence. Le rapport doit surtout être considéré comme une mesure de référence.

Pour effectuer le monitoring des flux générés dans les entreprises belges, nous nous sommes basés sur les registres de déchets des collecteurs affiliés à Valipac. Les collaborateurs de Valipac ont ensuite vérifié les données sur place. La base de données ainsi générée fournit des informations actualisées sur la collecte des déchets par producteur de déchets (adresse d’enlèvement unique, obtenue en associant le numéro d’entreprise au code postal). De plus, Valipac a réalisé de gros investissements pour l’analyse et la visualisation graphique des données. L’application de cette approche et de cette méthode de mesure dans les années à venir nous permettra de suivre la situation de près et de détecter les tendances en matière de collecte des déchets.

Ce premier monitoring doit être replacé dans son contexte. Celui-ci reflète purement les flux de déchets collectés par les collecteurs affiliés à Valipac auprès des entreprises et pour lesquels un enregistrement est disponible. Il ne comprend pas les déchets collectés par les intercommunales, les déchets collectés dans les parcs à conteneurs, ni les déchets collectés par des collecteurs non affiliés à Valipac. En dépit de ces restrictions, nous sommes convaincus que notre méthodologie produit les résultats les plus précis.

Dès lors, les chiffres présentés ont surtout une valeur ajoutée relative, comme mesure de référence. Comparer les futures données à cette mesure de référence nous permettra de recenser le potentiel d’amélioration des entreprises belges. Ces chiffres concernent en outre les flux de déchets collectés et non les quantités de déchets recyclés. Par exemple, le tri effectué par les collecteurs n’est pas pris en compte.

Ces chiffres nous permettent déjà de conclure que différents facteurs influencent le comportement de tri d’une entreprise, comme par exemple son activité, sa taille et l’endroit où elle se situe. Valipac a entrepris une étude détaillée afin de mieux appréhender les données et l’importance relative des différents facteurs d’influence.

Nombre d'adresses d'enlèvement

Basé sur des flux collectés sélectivement par code postal, à l’exception des déchets résiduels.

Avis de nos parties prenantes

Jan Vermoesen directeur de Coberec, la confédération des entreprises de recyclage belges et administrateur de Valipac

« Valipac a opté pour une méthode efficace de monitoring des flux dans les entreprises. Celle-ci repose sur les données des collecteurs et non sur une extrapolation des données des producteurs de déchets. Elle a généré un ensemble de données fiable et de qualité, offrant une valeur ajoutée nettement supérieure à celle des rapports existants dans les trois régions. Il appartient désormais aux autorités de simplifier l’administration et de supprimer ou de repenser un certain nombre de systèmes d’enregistrement obsolètes. »

Chris Vanderroost directeur Real-estate et expansion chez Brico et Plan-it et administrateur chez Valipac

« Grâce à Valipac, nous disposons d’un outil pratique pour analyser les données sur la collecte de flux spécifiques auprès des entreprises. Les entreprises peuvent certainement l’utiliser à leur avantage. En tant qu’administrateur de différents organismes de gestion, j’entrevois même des applications beaucoup plus larges. J’aborderai ainsi en interne l’utilité éventuelle de cet instrument pour collecter des données sur les flux que les organismes de gestion ne captent pas encore à l’heure actuelle. »

Conclusion

Nous serons heureux de mettre nos connaissances à la disposition de l’ensemble de nos partenaires

Avec ce premier monitoring des flux de déchets générés par les entreprises belges, Valipac met en oeuvre un nouveau mandat qui figure dans son dernier agrément. Le rapport est une étape importante dans la transition vers une économie circulaire. En effet, pour boucler les cycles et redéfinir les processus, les entreprises doivent avant tout pouvoir disposer d’un aperçu de leurs flux et de leur production de déchets pour évaluer où se situent les opportunités circulaires et définir les mesures à prendre.

Valipac va à présent continuer à analyser les données sur les déchets. Nos collaborateurs se rendront dans les prochaines semaines chez les collecteurs pour leur fournir des explications sur les chiffres recueillis. Les collecteurs de déchets bénéficieront ainsi d’une bonne vue d’ensemble sur le comportement de tri de leurs clients. Les fédérations professionnelles et les organisations sectorielles peuvent également faire appel à Valipac pour obtenir un aperçu du comportement de tri global de leurs membres. Nous serons heureux de mettre nos connaissances à la disposition de l’ensemble de nos partenaires, et ce, toujours dans le plus grand respect de la confidentialité des données et de la libre concurrence entre nos partenaires.

Si les données inventoriées constituent une première étape précieuse, elles invitent également à une analyse plus approfondie. Certains secteurs peuvent par exemple se montrer performants pour un flux tout en ayant d’importants progrès à réaliser pour d’autres flux. Afin d’obtenir une vision plus claire des tendances et des opportunités, Valipac a déjà entamé une analyse multifacteurs.

Ce monitoring n’a été possible que grâce à la collaboration enthousiaste des collecteurs, qui distinguent pleinement sa valeur ajoutée. Valipac tient à remercier toutes les personnes impliquées pour leur contribution.

Disclaimer: Les données de ce monitoring se basent sur l’enregistrement par Valipac des quantités de déchets industriels (15 flux) collectés par les opérateurs affiliés à Valipac. Cette activité a été réalisée par Valipac dans le cadre de son agrément (article 18). Valipac a veillé à l’exactitude et au traitement de ces données, mais celles-ci ne donnent certainement pas une image complète de la quantité totale de déchets industriels collectés (de manière sélective). De plus, la méthodologie utilisée est complètement différente de celle utilisée pour l’enregistrement du recyclage des déchets d’emballages industriels. C’est la raison pour laquelle aucune relation ne peut être établie entre ces deux rapportages. Valipac ne peut être tenue responsable des conclusions tirées par des tiers sur la base de ces données.